Questionnaire d'anamnèse pour une première séance : modèle gratuit et commenté
Beaucoup de modèles qui circulent font six pages. Un bon questionnaire d'accueil tient sur une feuille : il prépare la première séance sans la remplacer, et il ne demande rien que vous n'utiliserez pas. En voici un, commenté question par question, et à télécharger.
Faut-il un questionnaire avant la première séance ?
Rien ne l'impose, et c'est un bon outil s'il reste court. Envoyé quelques jours avant le rendez-vous, il laisse à la personne le temps de mettre par écrit ce qui l'amène, et vous arrivez préparé, en particulier sur ce qui pourrait vous faire adapter la séance. Rempli en salle d'attente, il sert moins : on écrit vite, et vous découvrez les réponses au moment où elles sont données.
Il ne remplace pas l'entretien, il le prépare. Ce que la personne n'écrit pas, elle le dira peut-être de vive voix, une fois la confiance installée.
Anamnèse, bilan, questionnaire d'accueil : pourquoi le mot compte-t-il ?
Parce que la loi réserve aux médecins l'examen de l'état de santé et le diagnostic, et qu'un questionnaire peut se présenter comme tel. En Belgique, la loi coordonnée du 10 mai 2015 qualifie d'exercice illégal de l'art médical tout acte habituel « ayant pour objet ou présenté comme ayant pour objet » l'examen de l'état de santé, le dépistage de maladies ou l'établissement d'un diagnostic. En France, le code de la santé publique trace la même frontière autour du diagnostic et du traitement des maladies.
« Anamnèse » vient du vocabulaire médical : c'est l'historique qu'un médecin recueille pour poser un diagnostic. Beaucoup de praticiens l'emploient de bonne foi, et le mot n'est pas interdit. Ce qui compte, c'est ce que fait votre questionnaire et la façon dont il se présente. Un formulaire intitulé « bilan de santé », qui fait cocher une liste de maladies, ressemble à un examen. Un questionnaire d'accueil qui demande ce qui amène la personne, ce qu'elle attend, et ce que vous devez savoir pour adapter la séance, prépare un accompagnement.
Cette frontière est mieux gardée en Belgique depuis le 28 juin 2026, avec une amende administrative à la clé : nous l'avons détaillée dans s'installer comme praticien indépendant en Belgique.
Que demander dans un questionnaire de première séance ?
Ce qui vous sert à préparer la séance, et rien d'autre. C'est la règle de minimisation du RGPD : les données doivent être « adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire » au but poursuivi. Pour chaque question, un test suffit : qu'en ferai-je concrètement pendant la séance ? S'il n'y a pas de réponse, la question part.
Voici un modèle de base, pensé pour une première séance individuelle. Il se télécharge en Word, pour y mettre votre nom, votre durée de conservation et les précautions de votre pratique : les passages à remplacer y sont surlignés. Il existe aussi en PDF, prêt à imprimer. Ci-dessous, son aperçu ; les numéros renvoient aux commentaires qui suivent.
Le Word, deux pages, pour l'adapter à votre pratique ; le PDF, pour l'imprimer et le compléter à la main.
Questionnaire d'accueil
À remplir avant notre première séance, en dix minutes environ.
[Votre nom] · [votre pratique] · [votre adresse e-mail] · [votre téléphone] (1)
Ce questionnaire m'aide à préparer l'accompagnement que vous m'avez demandé. Toutes les questions sont facultatives : laissez de côté celles qui vous gênent, nous en parlerons de vive voix si vous le souhaitez. Je ne transmets vos réponses à personne. Je les conserve [durée] après notre dernière séance, puis je les efface. Vous pouvez à tout moment les consulter, les faire corriger ou supprimer en m'écrivant, et introduire une réclamation auprès de l'Autorité de protection des données (en France, la CNIL).
Vous (2)
Nom et prénom
Téléphone ou e-mail, celui par lequel vous préférez être joint
Année de naissance
Ce qui vous amène (3)
Qu'est-ce qui vous amène ? Dites-le avec vos mots.
Qu'aimeriez-vous que nos séances vous apportent ?
Avez-vous déjà essayé quelque chose dans ce sens ? Qu'en avez-vous retiré ?
Pour adapter la séance (4)
Un médecin vous suit-il pour ce qui vous amène ? ☐ Oui ☐ Non
Prenez-vous en ce moment un traitement ou des compléments alimentaires ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, nous en parlerons ensemble.
Y a-t-il autre chose que je dois savoir pour adapter la séance (grossesse, allergie, opération récente…) ?
☐ J'accepte que les réponses de cette rubrique soient conservées pour adapter mes séances.
Votre rythme de vie (5)
Comment dormez-vous en ce moment ?
Comment décririez-vous votre alimentation et votre activité physique ?
Votre niveau de fatigue en ce moment, de 1 (aucune) à 10 (épuisement) :
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Pour finir (6)
Comment avez-vous connu mon activité ?
☐ Je souhaite recevoir vos nouvelles par e-mail (ateliers, conseils de saison). Je peux me désinscrire à tout moment.
Date et signature :
Cet accompagnement ne remplace pas un avis ni un suivi médical, et ne conduit à l'arrêt d'aucun traitement prescrit.
(1) Ce que le RGPD vous demande de dire en collectant. Qui vous êtes et comment vous joindre, à quoi servent les réponses, à qui vous les transmettez, combien de temps vous les gardez, quels droits a la personne et auprès de qui se plaindre, et si elle est obligée de répondre. Le règlement en demande aussi la base juridique : ici, l'accompagnement que la personne vous a demandé. Six lignes suffisent, à condition que la durée annoncée soit celle de votre registre — voir le RGPD quand on est praticien indépendant.
(2) Le strict nécessaire pour vous joindre. L'adresse postale ne sert que si vous vous déplacez, ou si vous faites une facture, où elle figure alors : voir faire une facture de séance en Belgique. L'année de naissance suffit le plus souvent : l'âge peut compter, pour recevoir un mineur par exemple, la date complète rarement.
(3) Le cœur du questionnaire, et le seul bloc qui ne change pas d'une pratique à l'autre. Des questions ouvertes, que la personne remplit avec ses mots : c'est ce qui distingue un questionnaire d'accueil d'un examen. Une liste de troubles à cocher fait l'inverse, elle oriente vers un diagnostic que vous n'avez pas à poser.
(4) Ce que vous devez savoir pour adapter la séance, et seulement cela. Sur le papier, un oui ou un non suffit : le détail se dit en séance, et vous ne notez ensuite que ce qui vous sert. La question du traitement compte surtout si vous conseillez des plantes ou des compléments, qui peuvent interagir avec un médicament. Elle ne doit jamais conduire à conseiller d'arrêter un traitement prescrit.
Ces réponses-là touchent à la santé de la personne. Le RGPD range les données concernant la santé parmi les catégories particulières de son article 9, dont le traitement est interdit sauf exception. Que les informations d'un accompagnement non conventionnel en relèvent n'est pas tranché de manière générale. Le cas échéant, l'exception la plus sûre pour vous est le consentement explicite de la personne, les autres visant la médecine et la prise en charge sanitaire par des professionnels tenus au secret. D'où la case en fin de rubrique : elle ne coûte rien, et elle vous place du bon côté si la question se pose.
(5) Seulement si votre méthode s'en sert. Pour un bilan de vitalité en naturopathie, oui ; pour une séance de reiki, sans doute pas. Une échelle de 1 à 10 se remplit vite et se compare d'une séance à l'autre.
(6) Deux questions qui ne servent pas la séance, donc facultatives et séparées. Savoir comment la personne vous a trouvé vous aide à choisir où vous faire connaître. La case des nouvelles par e-mail n'est jamais cochée d'avance et ne conditionne rien : le RGPD précise qu'une case cochée par défaut ne vaut pas consentement.
Quelles questions vaut-il mieux éviter ?
Tout ce que vous n'utiliserez pas en séance, et quelques informations que la loi réserve à d'autres. Les plus courantes, dans les modèles qui circulent :
- Le numéro de registre national. En Belgique, son utilisation demande une autorisation du ministre de l'Intérieur, accordée pour des tâches d'intérêt général ; un praticien n'en a pas. En France, rien dans une séance ne justifie davantage le numéro de sécurité sociale.
- Une copie de la carte d'identité. La photo et le numéro de registre national qu'elle porte ne peuvent être utilisés que si une loi l'autorise, et une séance ne demande pas de prouver qui l'on est.
- L'historique des maladies, à cocher, et celui de la famille. C'est la partie la plus « médicale » des modèles d'anamnèse, celle qui fait ressembler le questionnaire à un examen de l'état de santé. Si un épisode passé compte pour la personne, elle l'écrira dans le bloc (3) ou vous le dira.
- Des analyses, des ordonnances, des comptes rendus à joindre. Ce sont des documents médicaux : leur lecture appartient au médecin qui les a demandés.
- Les convictions religieuses, les opinions, l'orientation sexuelle, l'origine. Ce sont d'autres catégories de l'article 9, et elles n'ont rien à faire dans un formulaire d'accueil. Si l'un de ces sujets compte pour la personne, elle vous en parlera.
- La profession, la situation familiale, les revenus, par habitude. Si le contexte de vie compte pour votre méthode, la question ouverte du bloc (3) le fera venir.
Combien de questions poser ?
Une quinzaine au plus, de quoi remplir en dix minutes. Le modèle ci-dessus en compte treize, et tient sur une feuille recto verso. Au-delà, chaque question ajoutée doit passer le test du début : qu'en ferai-je en séance ? Un questionnaire de six pages ne respecte plus la minimisation, et il arrive qu'il ne revienne jamais.
Comment l'adapter à votre pratique ?
Les blocs (1), (2), (3) et (6) restent, les blocs (4) et (5) se règlent sur votre pratique. Le bloc (4) reprend les précautions que votre formation vous a enseignées : un masseur demandera s'il y a une grossesse ou une allergie aux huiles. Le bloc (5) n'existe que si votre méthode se sert des habitudes de vie ; un sophrologue ou un énergéticien peut souvent s'en passer.
Naturopathie : et le « bilan de vitalité » ?
Le bilan de vitalité désigne l'entretien de la première séance, pas le questionnaire. Le modèle en prépare la partie habitudes de vie avec son bloc (5) : rythme, sommeil, alimentation, activité. Ce qui le ferait glisser vers l'examen, c'est une liste de maladies à cocher ou des résultats d'analyses à joindre : le questionnaire n'a pas à les demander.
Sophrologie : que garder ?
Les blocs (1), (2), (3) et (6), et presque rien d'autre. Ce qui prépare une première séance, c'est l'objectif de la personne en une phrase, la situation qui l'amène et ce qu'elle a déjà essayé. Le bloc (4) se limite aux précautions de votre formation pour les exercices proposés ; le bloc (5) peut disparaître.
Massage bien-être : quelles précautions demander ?
Celles qui changent votre geste ce jour-là : une grossesse, une allergie aux huiles, une zone à éviter, une douleur ou une blessure récente que la personne veut signaler. Ajoutez sa préférence de pression, qui servira à chaque séance. Des antécédents détaillés n'ont rien à faire dans un questionnaire de massage bien-être.
Réflexologie : quelles précautions demander ?
La même logique, ramenée aux pieds ou aux mains : une grossesse, une blessure, une zone sensible à éviter, et les précautions que votre formation vous a enseignées. Le bloc (5) ne sert que si votre approche s'appuie sur les habitudes de vie.
Combien de temps garder les réponses ?
Aussi longtemps que vos fiches clients, et pas plus. Les réponses en font partie : elles suivent la durée que vous avez fixée et notée dans votre registre, celle-là même que le bloc (1) annonce. Si vous n'en avez pas encore choisi, c'est expliqué dans le RGPD quand on est praticien indépendant.
Et si vous utilisez Asensio ?
Vous pouvez aussi faire remplir ce questionnaire en ligne. Recréez-le dans Asensio, collez le paragraphe du bloc (1) dans sa description, puis envoyez-le à la personne une fois son rendez-vous pris. Elle reçoit un lien par e-mail, répond depuis son téléphone ou son ordinateur, et ses réponses rejoignent directement sa fiche : rien à imprimer, rien à retaper.
Les questionnaires sont compris à partir de la formule Premium, qui en permet un : c'est assez pour celui-ci.
Cet article décrit le cadre en vigueur au 5 octobre 2026 ; il ne constitue pas un conseil juridique. Le modèle est un point de départ, à adapter à votre pratique et à ce que votre formation vous a enseigné. Pour une question qui engage votre responsabilité, adressez-vous à l'Autorité de protection des données, à la CNIL, ou à un conseil spécialisé.
Sources
- Règlement (UE) 2016/679, art. 4, point 15 (données concernant la santé), 5.1.c (minimisation), 9 (catégories particulières et exceptions), 13 (informations à fournir lors de la collecte) et considérant 32 (cases cochées par défaut) : EUR-Lex
- Exercice illégal de l'art médical, examen de l'état de santé et diagnostic : loi coordonnée du 10 mai 2015 relative à l'exercice des professions des soins de santé, art. 3, § 1er ; en France, code de la santé publique, art. L4161-1
- Utilisation du numéro de registre national sur autorisation : loi du 8 août 1983 organisant un registre national des personnes physiques, art. 8
- Photo et numéro de registre national de la carte d'identité : loi du 19 juillet 1991 relative aux registres de la population et aux cartes d'identité, art. 6, § 4